Natalie Panek, Une carrière de rêve : ingénieure en aérospatiale

« D’aussi loin que je me souvienne, mon but a toujours été de voyager dans l’espace. Pour moi, “vouloir” être astronaute, ce n’est pas assez : je “vais” être astronaute. »
Natalie Panek, ingénieure en systèmes de mission chez MDA Space Missions

L’Agence spatiale canadienne n’a recruté que 12 astronautes depuis 30 ans, mais ça ne fait pas un pli à Natalie Panek. De ses choix de programmes de cours à son emploi actuel d’ingénieure en systèmes de mission chez MDA Space Missions, Natalie a orienté obstinément son plan de carrière sur la réalisation de son rêve : voyager un jour dans l’espace.

« Ça prendra peut-être 15 à 20 ans, et ça ne me dérange pas », dit Natalie. Elle sait que même après avoir été choisie pour participer au Programme d’astronautes canadiens, il lui faudra encore des années d’études et de formation avant de mettre le pied dans l’espace.

« J’entretiens ma motivation avec la certitude de concrétiser mes rêves. Je me donne des défis à relever et je travaille le plus fort possible », dit-elle.

Le curriculum techno de Natalie

Natalie a déjà à son bagage une carrière en aérospatiale que bien des gens pourraient lui envier. Il y a trois ans qu’elle travaille chez MDA, tout près de Toronto. En qualité de sous-traitant pour l’Agence spatiale canadienne, MDA a produit les bras télémanipulateurs Canadarm utilisés dans toutes les missions des navettes spatiales américaines, de même que les éléments robotiques complexes du système d’entretien mobile (SEM), qui est essentiel au fonctionnement de la Station spatiale internationale.

Natalie se spécialise dans l’analyse cinématique des lieux de travail pour les missions robotiques, une tâche qui consiste pour l’essentiel à planifier des opérations robotiques et à s’assurer que le robot est capable de les exécuter. Elle fait également partie de l’équipe d’ingénierie de soutien de MDA pour les bras télémanipulateurs de la station spatiale, et elle suit actuellement une formation en vue de s’intégrer à l’équipe de soutien en vol de MDA. Les membres de cette équipe résolvent les problèmes éventuels du robot à deux bras de la station spatiale, en plus de réaliser une analyse continue afin de déceler les problèmes potentiels avant qu’ils risquent de compromettre les travaux effectués par les astronautes en orbite.

Natalie fait actuellement un travail vraiment intéressant, mais ce n’est que le dernier en date d’une liste de postes passionnants qu’elle a occupés. Voici quelques faits saillants de sa carrière :

  • Le programme de MDA pour la nouvelle génération de Canadarm. Natalie a participé à la recherche-développement d’une nouvelle génération de bras télémanipulateurs qu’on pourrait lancer un jour pour effectuer, en orbite, la réparation de satellites endommagés ou désactivés.
  • L’Université internationale de l’espace, à la base de la NASA d’Ames, en Californie. Au cours d’un stage de trois mois, Natalie a exploré des idées en vue d’une mission avec équipage sur Mars, pour étudier le mode de vie des astronautes non seulement en route vers Mars, mais également sur place, par exemple l’utilisation éventuelle de cavernes comme abris.
  • Stagiaire aux projets spéciaux au Goddard Space Flight Center de la NASA, au Maryland. Natalie a étudié les recherches menées à la division des pièces et emballages de la NASA, où des scientifiques se penchent sur l’influence de l’espace sur le fonctionnement et la fiabilité des composants électroniques. Une défaillance d’un de ces composants ou un court-circuit pourrait avoir des effets désastreux sur le succès d’une mission.

Prendre le parti des femmes en techno

Pour Natalie, l’idée de se concentrer sur les aspects positifs et les perspectives n’a rien d’un cliché. Cela fait partie intégrante de la réalisation de ses rêves de carrière, au même titre que son éducation et son expérience de travail.

« J’ai eu la chance de prendre conscience de l’effet d’une attitude positive sur tout ce qu’on entreprend », dit-elle. « Cette attitude est devenue une seconde nature pour moi; c’est elle qui m’a permis de surmonter la difficulté de travailler dans une industrie à dominance masculine.

« C’est tout un défi de travailler dans un domaine où je suis souvent la seule ingénieure féminine dans la salle de conférences. Mais je pense que l’aspect le plus négatif et le plus malheureux dans tout cela, c’est l’absence de modèles de rôle féminins dans les carrières technologiques.

« Que ce soit à cause de l’absence de modèles de rôle quand on est jeune ou du regard biaisé des médias, les perspectives qui s’ouvrent aux femmes dans le domaine des sciences, du génie et de la technologie restent souvent dans l’ombre. »

Natalie milite pour la présence des femmes en techno. « Je veux mettre les filles au défi de trouver l’inspiration nécessaire et de courir des risques. L’habilitation des femmes ne passe pas seulement par le changement des perceptions de la société envers les femmes, mais aussi et surtout par le changement de la vision que nous, les femmes, avons de nous-mêmes et de ce que nous sommes capables d’accomplir », affirme Natalie.

Les conseils pratiques de Natalie

« Prenez le temps de découvrir qui vous êtes, ce que vous voulez et ce qui est essentiel pour vous. »

« Il devrait être facile de prendre une décision. Il suffit de choisir l’orientation qui nous comble le plus. Souvent, le bon choix, c’est celui qu’on a hâte de dire à tout le monde. Techniquement, il n’y a pas de mauvaise décision; il n’y a que des décisions qui nous entraînent sur des voies différentes. »

« Goûtez chaque moment de chaque expérience et fixez-vous des objectifs audacieux. Si vous travaillez fort, si vous aidez les autres chaque fois que c’est possible et si vous profitez de chaque minute de votre vie, alors tout tombera naturellement en place. »

« Mon amour de l’aventure et ma passion de l’apprentissage me servent de boussole. Les femmes de ma génération et de la suivante devraient être motivées à s’ouvrir à l’aventure et aux défis et à devenir des chefs de file de notre génération. »

Le cheminement technologique de Natalie

  • Natalie a obtenu un baccalauréat en sciences (BSc) en génie mécanique à l’Université de Calgary, où elle a participé à l’équipe de réalisation d’une voiture solaire. Elle a contribué à la conception de la voiture et l’a pilotée à l’occasion du North American Solar Challenge de 2005.
  • Elle a obtenu une maîtrise en sciences (MSc) en génie de l’aérospatiale à l’Institute for Aerospace Studies de l’Université de Toronto. Son mémoire portait sur les différences entre le comportement des flammes de combustion sur Terre et dans la microgravité et le vide de l’espace. Dans le cadre de ses études de maîtrise, Natalie a contribué à la conception et à la réalisation d’expériences sur la combustion dans un milieu simulant la microgravité.
  • Natalie a participé au programme d’études spatiales de l’Université internationale de l’espace, une formation de deuxième cycle offerte aux futurs chefs de file de la nouvelle communauté mondiale de l’espace.
  • Elle a été stagiaire aux projets spéciaux au Goddard Space Flight Center de la NASA.
  • Elle a été une protégée du Réseau des femmes exécutives dans le cadre du programme Échanges Top 100 II.

Suivez la carrière de Natalie et ses domaines d’intérêt personnel – notamment la randonnée pédestre – dans son site Web et son blogue ThePanekRoom. Natalie décrit son site Web comme étant « un média où les femmes (et les hommes!) peuvent apprécier les vastes perspectives qui s’ouvrent dans le domaine de la technologie et qui propose des ressources pour l’aide à la recherche de l’excellence dans des domaines stimulants et susceptibles d’influer sur les fondements de notre génération et de celle qui nous suit. » On peut aussi suivre Natalie sur Twitter @nmpanek.

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