Technologie judiciaire

Une unité d’intervention d’urgence utilise un robot tactique d’observation dans une école [en anglais]

Survol

La technologie joue un rôle important en criminologie, de l’univers de la rue au monde en ligne. De l’agent de police en fonction à l’analyste en informatique judiciaire dans son bureau, un grand nombre de professionnels en criminologie tirent parti de la technologie pour recueillir et analyser des données à la vitesse de l’éclair, aux moments critiques où chaque seconde pourrait coûter une vie.

Par exemple, les agents de police utilisent un logiciel de lecture automatique des plaques d’immatriculation pour contrôler des milliers de plaques en quelques secondes afin de retrouver une personne disparue, un criminel ou une voiture volée. Les tablettes comme l’iPad sont devenues un outil de travail essentiel aux policiers, qui y prennent leurs notes et les dépositions des témoins et des suspects sur les lieux mêmes du crime.

Les médias sociaux sont désormais un volet important pour l’analyse des données destinée à résoudre les affaires criminelles, car ils permettent un suivi des activités des personnes suspectes et de leurs contacts avant la perpétration d’un acte criminel. Même les textos et les gazouillis supprimés laissent des pistes de données cachées qu’un analyste en informatique judiciaire peut découvrir pour révéler les détails les plus intimes de la vie d’un criminel.

Grâce à des séries télévisées populaires comme CSI : Les experts, les technologies judiciaires qui permettent de retracer les appels faits sur un téléphone cellulaire ou de déceler des éléments de preuve dans l’ordinateur d’un suspect sont perçues comme des outils cools et époustouflants. Dans le monde réel, des carrières technologiques en criminologie s’ouvrent à quiconque aime relever des défis comme de trouver les indices d’un acte criminel dans une montagne de données ou d’appliquer des techniques d’informatique judiciaire pour capturer des pirates informatique et des travailleurs qui détournent les fonds de leur employeur. Il n’y a pas que les services de police qui embauchent des solutionneurs de ce genre; des carrières s’ouvrent aussi à eux dans des domaines comme les services bancaires, la vente au détail et la fonction publique. 

Les technos judiciaires

Quand il est trop dangereux d’envoyer des agents de police ou un chien renifleur sur les lieux d’un acte criminel, un robot tactique d’observation, le Recon Scout Throwbot devient les yeux et les oreilles des détectives. Fonctionnant à l’aide d’une télécommande, ce minuscule robot sur roues muni d’une caméra et de divers capteurs peut être lancé dans une scène de crime active pour trouver l’endroit d’un immeuble où se terrent des criminels armés et écouter leurs conversations. Grâce à ses caméras à infrarouge, il peut même voir dans l’obscurité complète!

Dans le domaine des technologies policières, la réalité rattrape la science-fiction. Quand un fuyard en auto menace de semer ses poursuivants, certains services policiers américains ont recours à des dards à capteur GPS qui se fixent au véhicule en fuite et permettent de suivre ses déplacements en toute sécurité. Ces dards évitent que des poursuites à haute vitesse à la James Bond dégénèrent et fassent d’innocentes victimes.

L’imagerie thermique a aidé le service de police de Boston à appréhender l’un des deux frères présumés responsables de l’attaque à la bombe du Marathon de Boston, alors qu’il se cachait dans un bateau près d’une résidence du Massachusetts en avril 2013. Les caméras thermiques détectent la chaleur et aident ainsi les enquêteurs à déceler, à travers les murs d’un immeuble ou dans un boisé touffu, la présence d’une personne qui tente d’échapper à la police.

Les carrières en technologie judiciaire

L’analyste en informatique judiciaire combine sa passion du numérique à des compétences d’enquête dans les services policiers, judiciaires, militaires ou commerciaux. Partout où on trouve des données – à peu près partout, en fait –, les analystes en informatique judiciaire s’en servent pour poursuivre les criminels, les terroristes, les pirates informatiques et les bandits en cravate.

L’analyste judiciaire détermine l’emplacement des points chauds dans une collectivité et analyse les tendances et les régularités afin de construire des cartes de l’activité criminelle à l’aide d’outils informatiques et numériques comme le Système d’information géographique (SIG). En civil ou en uniforme, l’analyste judiciaire est au service d’une agence indépendante ou d’un corps policier. Les analystes trient les données environnementales, spatiales, statistiques et judiciaires pour établir le profil géographique des criminels, de manière à orienter les ressources souvent restreintes des services de police.

Les services d’enquête sur le crime informatique font des recherches dans le but de résoudre toutes sortes d’affaires de crimes informatiques allant du piratage aux crimes contre les enfants. Leurs enquêteurs n’ont pas leur pareil pour récupérer des données informatiques effacées, qui pourront servir à la poursuite judiciaire. Après avoir recueilli les preuves, l’enquêteur produit un rapport et, souvent, est appelé à témoigner au procès.

Les développeurs d’applis conçoivent de nouveaux outils mobiles qui assurent votre protection personnelle contre les pirates informatiques ou détectent les actes criminels dans votre voisinage. Comme les corps policiers ont de plus en plus recours aux tablettes et aux téléphones intelligents pour noter les éléments de preuve sur la scène d’un crime, la demande d’applis spécialisées augmente sans cesse, et les développeurs d’applis axées sur les nouvelles technologies judiciaires sont particulièrement recherchés… dans le bon sens du terme.

Les ingénieurs en robotique conçoivent et construisent des robots policiers comme le Recon Scout Throwbot (voir notre vidéo en vedette). Les ingénieurs en robotique sont les génies qui mettent au point les robots qui sont les yeux et les oreilles des forces de l’ordre dans une situation sensible. Le domaine de la robotique est en pleine expansion, et les perspectives d’emploi sont excellentes pour ceux et celles qui aiment construire des appareils inouïs!

Cheminement

Si le domaine de la technologie judiciaire pique votre curiosité, vous pourriez envisager un programme universitaire en informatique, dans un établissement comme l’Université de Sherbrooke ou l’Université Laval. Cette formation est ensuite complétée par un stage au sein d’un corps policier.  

Pour décrocher un emploi dans le domaine évolutif de la sécurité informatique, un cheminement de choix est offert dans le programme « Gestionnaire en réseautique : Spécialiste sécurité » du Collège CDI. Ce programme prépare les étudiants à une carrière dans un domaine parajudiciaire tel que la sécurité des réseaux, la cryptographie informatique ou l’enquête numérique.

La préparation d’une carrière en génie robotique peut être un amalgame de cours multidisciplinaires en électronique, en mécanique et en programmation informatique. Par exemple, le programme de baccalauréat en génie mécanique de l’Université de Sherbrooke propose un cheminement avec modules de spécialisation dans divers blocs, dont « automatique et robotique » et « intelligence artificielle et robotique ».

 

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